Entre Ciel et Terre…

Entre ciel et terre, au pas au trot ou au galop, seul ou en groupe, sur la plage ou dans les steppes…la randonnée, ou plus simplement l’équitation d’extérieur, offre de multiples façons de ressentir cet enivrant sentiment de liberté.
Le Cheval est un extraordinaire compagnon de voyage, qui nous permet de découvrir autrement, des endroits, parfois inaccessibles.
Si la randonnée à Cheval est très attirante et parait  accessible à tous, elle nécessite toutefois quelques précautions, notamment en ce qui concerne le choix du cheval, de la structure d’accompagnement ou encore la prise en compte des conditions météo.

La rédaction de Quant A a croisé les expériences d’une agence de voyage équestre spécialisée, dirigée par des cavalières professionnelles et passionnées: Caval&Go et d’une randonneuse aguerrie, Emilie, rédactrice du blog Cavalierre.fr entièrement consacré à ses voyages à cheval.

A la première question: “Qu’est-ce qui vous a amené au tourisme équestre? la réponse à été unanime: Le tourisme équestre est la meilleur façon de marier deux passions: celle des voyages à celle du cheval!
Le cheval est un  compagnon généreux qui permet des rencontres humaines inoubliables” Caval&Go
J’adore le contact avec le cheval lors de mes randonnées” Cavali’erre

 

Découvrez ci-dessous la suite de l’interview croisée:

Tacante : Voyager ou randonner à cheval permet-il de poser un regard différent sur les lieux, les sites les pays visités?

C&G: Tout à fait, nous avions écrit tout un article sur les plus belles raisons de voyager à cheval

Cavali’erre: Randonner à cheval permet d’accéder à des endroits et à des expériences uniques.
Ainsi, au Sénégal, je me suis retrouvée, à cheval, dans la mangrove, ce qui aurait été bien plus compliqué à pieds!
Mais le cheval permet bien plus, il crée du lien avec les populations locales et facilite le contact! C’est un médium même si on ne parle pas la langue du pays, on arrive à partager nos expériences grâce à lui.
Enfin, à cheval la relation au temps est également très différente. Beaucoup moins rapide qu’en voiture, on prend le temps de découvrir un lieu, un pays. On apprivoise à la fois son cheval et le lieu dans lequel on se trouve.

 

Tacante : Quel mental est recherché chez un bon cheval de randonnée? La race est-elle importante?

"Le cheval soit bien dans sa tête" (c)Caval&Go

Privilégier un cheval bien dans sa tête  ©Caval&Go

Caval&Go: Le plus important est que le cheval soit bien dans sa tête, donc élevé dans des conditions respectueuses de son bien-être (= qu’il puisse marcher et vivre en extérieur au maximum, ne soit pas utilisé au-delà de ses capacités et de son équilibre, qu’il puisse vivre  au maximum proche de ses congénères, en troupeau, qu’il ait une alimentation adaptée à ses besoins, des lieux de vie propres, une sellerie adaptée et en bon état…)

Un cheval bien entraîné, généreux, confortable, gentil, en avant… sont des critères très importants.

Nous avons une charte qualité pour nos voyages avec toute une partie concernant le respect des chevaux.

La race compte dans le sens où chaque pays / chaque type d’environnement a des chevaux / des races qui seront mieux adaptées que d’autres (ie. une cheval de trait ne sera pas du tout à l’aise dans le désert de Jordanie où le pur-sang arabe est roi, en Mongolie dans les steppes les petits chevaux sont parfaits…)

Cavali’erre: Pour moi, le point essentiel est d’avoir un cheval équilibré, qui n’ait pas peur de l’extérieur. Avoir confiance en son cheval lorsqu’on part en randonnée est essentiel. Néanmoins, j’aime avoir sous ma selle des chevaux dynamiques qui ont envie d’aller de l’avant.

 

Tacante : Est-ce une activité saisonnière?

Caval&Go: Non, il est possible de randonner toute l’année, seuls les lieux ou destinations vont changer La Mongolie ou l’Islande se visitent principalement de juin à septembre après il fait trop froid. L’hémisphère sud – Argentine, Inde, Chili… se visitent essentiellement l’hiver pour nous, pour des questions de températures.

Cavali’erre:  Il est certain que je préfère voyager hors saison pour avoir vraiment cette sensation d’étendues « sauvages » et d’être seule accompagné de mon guide. 

 

 Tacante : Comment organisez-vous vos excursions à l’étranger?

"on parle le langage "Cheval"" (c) Caval&Go

On parle le langage “Cheval” ©Caval&Go

Caval&Go:  Nous organisons les randonnées via notre réseau de partenaires, qui sont guides équestres et propriétaires de leurs chevaux, que nous avons rencontrés, et avec qui nous avons pu tester les chevaux, la sellerie, les hébergements, les itinéraires… Nous avons, bien sûr, réservé nos meilleurs coups de cœur pour nos cavaliers !

Cavali’erre: Je passe systématiquement par une agence de voyages spécialisée. Cela me permet de me sentir rassurée car l’assurance est comprise et tout est planifié. En revanche, quand je reste en France, je contacte directement  les centres équestres. Pour moi, il est n’est pas forcément nécessaire d’être bilingue (même si maîtriser quelques notions d’anglais peut-être utile) quand on part à l’étranger car on peut se faire accompagner d’un guide francophone. Quoiqu’il en soit, on  arrive toujours à se faire comprendre quand on parle le langage “Cheval”! 

 

Tacante : Quel est le matériel minimum à emmener en randonnée? les précautions indispensables à prendre pour les soins des chevaux?

Caval&Go:  

Tacante_Entre ciel et Terre- Randonnées à Cheval

Se préparer pour une randonnée

  • Gourde
  • Couteau (type couteau suisse),
  • Crème solaire,
  • Lunettes de soleil
  • Lampe de poche / frontale
  • Chapeau ou casque…
  • Et selon les randonnées : sac de couchage.

Le guide doit toujours avoir une petite pharmacie de 1ers secours humains & chevaux, un kit de maréchalerie, quelques “latigos” pour réparations éventuelles, cartes…

Les chevaux doivent toujours avoir assez à boire, aux pauses et durant les randonnées, en quantité suffisante en fonction de l’effort demandé et des températures. Idem pour l’alimentation. Pour l’hébergement, cela dépend des lieux, mais souvent les chevaux vont dormir dehors (pré, paddocks…). Les itinéraires doivent être praticables et ne pas présenter de danger pour le cheval.

Cavali’erre: J’ai écrit un article sur bien préparer sa valise de cavalier.

Les soins aux chevaux dépendent du pays. Par exemple, au Sénégal la douche était obligatoire à chaque voyage. En revanche, en Mongolie, nous ne pouvions pas préparer les chevaux car seul l’éleveur pouvait les attraper.

 

Tacante : Voyager à cheval permet-il de découvrir des endroits inédits?

 "Accéder à des lieux hors des sentiers battus" (c) Caval&Go

Accéder à des lieux majestueux ©Caval&Go

Caval&Go:  Tout à fait!  C’est même LE compagnon idéal pour accéder à des lieux hors des sentiers battus, que même des véhicules à moteur ne peuvent rejoindre (c’est le cas de randonnées en Equateur, en Argentine, certaines régions de Mongolie, d’Islande… ou même en France en Auvergne ou en Corse !).

Cavali’erre: Plus que découvrir des endroits inédits, c’est la façon idéale de découvrir les paysages. Parfois, on tombe sur des prairies à perte de vue. A pieds, elles ne présentent pas d’intérêt particulier,   mais pour galoper c’est idéal. Cela nous permet aussi de percevoir la nature différemment, c’est comme si nous étions dans une carrière sans limite.

 

Tacante : Faut-il avoir un minimum de niveau équestre pour participer à une randonnée de plusieurs jours?

Caval&Go: Le niveau minimum demandé est d’être à l’aise aux 3 allures, en extérieur et d’avoir une bonne condition physique. Le diplôme équestre n’est pas indispensable, à partir du moment où le cavalier a de l’expérience en extérieur, est autonome, sait trotter en équilibre, galoper en suspension et  guider son cheval. Pour quelqu’un qui a toujours été en manège ou qui a très peu fait d’extérieur, on peut donner comme repère un minimum de galop 4 pour se lancer sur des randonnées de plusieurs jours – mais cela est juste une indication. L’idée, derrière la notion de niveau, est surtout de pouvoir se faire plaisir au maximum et de ne pas pénaliser le groupe, risquer de le ralentir, ou de le mettre en danger (ou  se mettre soi-même en danger).

Cavali’erre: Encore une fois, cela dépend de la randonnée. Je ne conseillerais pas à quelqu’un d’inexpérimenté, de partir plusieurs jours sans préparation. Une semaine en selle est très fatigante et sans y être préparé l’expérience peut se révéler difficile. Comme pour tout, il faut savoir s’adapter et connaître ses limites. En revanche, partir un week-end est tout à fait envisageable, pour les “apprentis randonneurs”. Il faudra alors veiller à privilégier des chevaux « maîtres d’école » qui sauront leur faire découvrir les plaisirs de la randonnée.

 

Tacante : Avez-vous une anecdote, un souvenir de randonnée/voyage à partager avec nous?

Caval&Go: L’Equateur, en 2010, lors du voyage à travers les Volcans des Andes. Nous arrivions autour du volcan Cotopaxi, au sommet toujours enneigé. Les condors volaient loin dans le ciel, au-dessus de nos têtes. Nous avions randonné une bonne partie de la journée, passant des lacs, des petits cols de montagne… Nous étions fatigués, enivrés des paysages que nous avions traversés. Nous avions hâte de retrouver le refuge et de savourer sa délicieuse soupe chaude qui allait nous revigorer.

C’est dans cette ambiance de fin de journée qu’apparut, tout d’un coup, au loin,  un  troupeau de chevaux sauvages.  Curieux, les chevaux semblaient nous scruter depuis leur point de vue. Nous marchions vers eux, ils bougaient un peu…

Notre guide nous proposa alors un dernier petit galop.  Nous partions, nos chevaux hennissaient et la magie opéra : le troupeau se mit, lui aussi à galoper, à nos cotés.

"Un de mes plus beaux fut en Mongolie" ©Caval&Go

Traversée des steppes en Mongolie ©Caval&Go

Ils nous ont offert  un moment hors du temps, au cours duquel nous nous sentions en osmose avec la nature, où la notion de liberté était totale et partagée par tous !

Le galop a duré dix minutes,  peut-être une seconde ou une heure…

Nous apercevions le refuge, devant le panorama du grand Cotopaxi, les chevaux sauvages nous quittaient et reprenaient tranquillement leur route, de leur côté.

Notre guide n’arrêtait pas de rire, savourant aussi ces instants précieux. Un moment inoubliable de ce périple…

Cavali’erre: J’ai beaucoup de souvenirs. Chaque randonnée est unique. Je me souviens d’un voyage en Mongolie. nous étions partis visiter un temple au milieu des montagnes. Au retour, nous traversions les bois sur nos chevaux. Nous avions l’impression d’être perdus au milieu de nulle part. C’était incroyable, presque magique.

Merci à Caval&Go et à cavali’erre d’avoir pris le temps de répondre à nos questions et d’avoir partagé avec nous leurs expériences.

De votre coté, si vous souhaitez partager avec nous vos plus beaux souvenirs de randonnées et surtout les découvertes que vous avez pu faire, n’hésitez pas!

Crédits photos: Caval&Go

Alice Bertinchamps

By Alice Bertinchamps

Cavalière de club depuis 10 ans, l'actualité équestre et les cavaliers pro m'ont toujours attirés. Rédactrice pour Cheval Partage, il me plaît d'aider le blog Tacante lors de mes temps libres.

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