Saumur, capitale de l’équitation

« Saumur est la ville sainte du monde équestre, et le manège des écuyers en est le temple. » C’est ainsi que Jean de La Varende débute l’une de ses charmantes nouvelles, intitulée «Cavalerie». A près de 80 ans de distance, nous ne résumerions pas autrement une présentation de cette ville aux accents de « douceur angevine »…


La Grande Semaine du Dressage qui aura lieu du 24 au 27 septembre à l’Ecole Nationale d’Equitation (ENE) nous donne l’occasion de souligner la singularité équestre de Saumur, cité enchanteresse des bords de Loire, réputée aussi pour ses vins de coteaux.

L'ancien manège des écuyers à Saumur

L’ancien manège des écuyers à Saumur


Un regard vers le passé nous apprend qu’en 1764 le duc de Choiseul décide d’y installer une école d’équitation, tandis qu’un régiment de carabiniers (c’est un régiment monté) y vient en garnison. Ce dernier prendra le nom de Régiment des carabiniers de Monsieur, lorsque son chef de corps, le comte de Provence, accède à la qualité de frère du roi à la faveur du règne de Louis XVI en 1774.

Ville de garnison centrée sur l’École de cavalerie, Saumur développa une culture équestre puisant aux meilleures sources, celles du «Cadre Noir», c’est-à-dire le corps des instructeurs de cette école. Avant de devenir officielle et définitive, cette appellation, faisant référence à la couleur de la tenue des instructeurs, fut d’abord une familiarité pour désigner les « écuyers du manège ».


Aujourd’hui, les missions et traditions du manège de Saumur sont perpétuées par l’Ecole Nationale d’Equitation qui s’est constituée autour du Cadre Noir en 1972. Placée sous la tutelle du Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, l’ENE dépend aussi, pour partie, des Ministères de la Défense et de l’Agriculture. Elle forme depuis 2010, avec les Haras Nationaux, l’Institut Français du Cheval et de l’Équitation (IFCE). Elle agit en liaison constante avec la Fédération Française d’Équitation pour développer la formation des cavaliers français ou étrangers. Le corps des professeurs, le Cadre Noir, maintient et enseigne les principes de l’équitation de tradition française. Cette dernière a été classée au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2011.

Les estivales du cadre noir

Les estivales du cadre noir

Outre les concours organisés à Terrefort dans l’enceinte de l’ENE, en périphérie de Saumur, le Cadre Noir offre régulièrement au public des présentations dont les plus spectaculaires sont les galas qui rythment l’année : «Printemps des Ecuyers » (avril) , « Estivales » (juillet) et « Musicales » (octobre). Les fameux sauteurs exécutant courbettes, croupades et cabrioles, y sont applaudis du public. L’Ecole de cavalerie, qui subsiste, relève exclusivement de l’Armée de Terre et forme des militaires pour des régiments blindés. Elle conserve toutefois une Section équestre, dont les écuries sont dans Saumur, pour pouvoir donner des bases équestres à ses élèves et offrir aux familles de militaires une structure de loisirs.


Sur le plan patrimonial, Saumur abrite, d’une part, le Musée de la Cavalerie, dans les anciennes écuries du Cadre Noir au centre de la ville, et d’autre part, le Musée du Cheval, sans équivalent en Europe, dont une partie seulement des collections est exposée au château de Saumur. Par ailleurs, l’ENE organise régulièrement des colloques consacrés à des sujets équestres. Ainsi, les 15 et 16 octobre prochains, les Rencontres de l’équitation de tradition française auront pour thème le « rassembler ».

Art Cheval à Saumur

Art Cheval


A la même époque débutera l’exposition « Art’ Cheval », pour sa 23ème édition. Se déroulant dans les salons d’art contemporain du producteur de vins Bouvet Ladubay, cet événement constitue une rencontre internationale d’artistes qui déclinent des créations sur le thème du cheval : tableaux, sculptures, dessin, peintures, photographies, etc. 


Même le cinéma a trouvé à Saumur un cadre privilégié. Tous les cavaliers connaissent et apprécient en effet le film «Milady» (1976) dans lequel Jacques Dufilho joue un écuyer en retraite du Cadre Noir plus vrai que nature : le célèbre commandant Gardefort. Enfin, il n’est pas une année sans que le commissaire priseur de Saumur, maître Xavier de La Perraudière, n’organise une vente aux enchères équestre qui rencontre toujours un vif succès.


Sur le plan de la compétition, Saumur est un carrefour des disciplines dont la régulation et l’animation est confiée au Comité équestre de la ville. Il a pour objet de coordonner les grand rendez-vous équestres : concours international de voltige (avril), concours complet international (mai), concours d’attelage international (juin). Il veille aussi au bon ordonnancement du Carrousel (juillet), mis sur pied avec l’École de cavalerie, qui prolonge et clôture en quelque sorte la « saison » et illustre les traditions militaires de la ville.


Pour terminer ce tour d’horizon, il faudrait encore parler de la Société des Courses de Verrie, qui planifie cinq ou six réunions par an, dans une ambiance toujours délicieuse, où les passionnés, les amateurs et les familles se retrouvent, toutes générations confondues, dans le même culte du cheval, au printemps et à l’automne. Il faudrait encore évoquer toutes ces individualités saumuroises qui tiennent une place à part dans le monde de l’équitation comme par exemple Nicolas Blondeau et son école d’éducation des chevaux, Joël Albert, bottier au savoir-faire remarquable ou la sellerie Butet bien connue. Il faudrait enfin citer tous ces clubs, écuries de propriétaires, vétérinaires, maréchaux-ferrants, éleveurs et particuliers qui, par leur travail quotidien et leur amour du cheval, rendent l’hommage qui convient à la « plus noble conquête de l’homme » (Buffon).

Gabriel Cortès

By Gabriel Cortès

Cavalier, passionné par l’équitation et la culture équestre, j'ai servi plusieurs années comme officier au régiment de cavalerie de la garde républicaine. Je suis le co-auteur de l’ouvrage « Equitation en tandem » (éd. SPE Barthélémy, 2009) et auteur de divers articles sur l’équitation. De nombreux séjours à l’étranger m'ont donné l’occasion de découvrir les chevaux et les cavaliers dans d’autres cultures.

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